Vous entrez en territoire jazz
C'est probablement beaucoup grâce à Tony Allen si les rythmes africains se sont mis à changer le devenir de la pop occidentale. Aucun batteur n'incarne mieux que lui la vitalité primordiale de ces rythmes, ni l'envie de les soumettre aux expériences et aux mixages les plus modernes. En cinquante ans de carrière, il a révolutionné le paysage musical de tout un continent avant de se hisser à la faveur de ses multiples collaborations au rang de référence universelle. Voir Tony Allen signer à 76 ans chez Blue Note n'est au final pas une si grande surprise. Son apprentissage il l’a fait en autodidacte alors qu’il travaillait comme technicien à la radio nationale du Nigéria, à l’écoute des disques de ses maîtres américains, Art Blakey, Max Roach, Kenny Clarke, éminents batteurs de l’ère du Be Bop et du Hard Bop.
The Source est né en session, avec des thèmes fournis par Tony. Autour de lui sont réunis quelques uns des meilleurs musiciens d’une scène que l’on peine à étiqueter jazz tant elle se caractérise avant tout par sa mobilité. Le tromboniste Daniel Zimmermann, le saxophoniste Rémi Sciuto, le contrebassiste Mathias Allamane ou le claviériste Vincent Taurelle, qui avec Bertrand Fresel a produit l’album, figurent dans un casting frenchy où le guitariste camerounais Indy Dibongue apporte, avec Tony, l’indispensable pigment africain. Au total 11 pointures, dont 5 cuivres, vont participer à Source. Plus un guest de marque, Damon Albarn, au clavier sur Cool Cats. Une session magique, qui porte l'improvisation à un très haut niveau et l'interaction entre tous les musiciens est parfaite.